Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2009-08 | Page d'accueil | 2009-10 »

29 septembre 2009

La maison aux peluches

 

Nous passâmes devant une sorte de hangar où une vingtaine de femmes s'alcoolisaient abondamment. Je fus étonné, car en ces parages, après la messe, les hommes boivent et les femmes jouent au bingo. Dans tout l'archipel il en va ainsi. J'en conclus donc que l'absence d'hommes avait poussé les femmes à les remplacer avec une conscience louable, jusque dans les détails les plus improbables de la vie quotidienne. En nous voyant, elles nous firent signe de venir les rejoindre en poussant des clameurs d'enthousiasme. Le démarcheur, prétextant une affaire urgente à régler, disparut dans le hangar (bon débarras) tandis que ces dames se livraient, dans leur langue, à des constatations qui auraient fait rougir un adjudant de la coloniale. Je me rappelle qu'une fois, à l'aéroport de N***, je rencontrai une native de cette ile étrange. Sans préambule, elle me demanda en bon français...Tu vas à U-H***?...Non, à U***...Dommage, je t'aurais bien fait ton affaire...Certes, elle n'avait plus vingt ans depuis longtemps, moi non plus d'ailleurs, mais quand même...

Un peu plus loin, nous arrivâmes devant un long bâtiment qui semblait en meilleur état que le reste du campement. La conductrice poussa une porte et nous nous retrouvâmes à l'intérieur d'une pièce qui, de fait, englobait toute la superficie de la maison. On aurait pu dire qu'il s'agissait d'une cuisine aux proportions gigantesques, si l'on n'y avait entassé une dizaine de lits qui s'alignaient le long des cloisons. A cela s'ajoutait un comptoir derrière lequel s'amoncelait, sur des étagères, un assortiment hétéroclite de marchandises. Une sorte de hard discount-dortoir. Comme aurait dit ma défunte mère que ses origines autrichiennes poussaient à accommoder les expressions de sa « Heimat » à la sauce française, mon cœur plongea dans mes chaussettes. Tout cela prenait fort mauvaise tournure. Je me voyais obligé de passer les sept prochaines nuits, tétanisé sur l'un de ces lits, dans cette sorte d'entrepôt, au milieu d'un va-et-vient incessant de femmes ricanantes et de bruits de caisse enregistreuse.

Le centre de la pièce était occupé par une table d'une vingtaine de mètres de long au bout de laquelle trônait, telle une impératrice douairière, une dame d'un age certain, le corps pris dans une robe rouge faite dans une matière qui me sembla être de la soie, si je me fiais aux chuintements qu'elle émettait à chacun des mouvements de sa propriétaire. Ou peut-être était-ce du nylon, je n'y connais décidément rien en textiles. La douairière fumait avec élégance en utilisant un long fume-cigarettes argenté, tandis qu'elle me faisait signe d'approcher. Quand je fus arrivé à sa hauteur, elle me tendit sa joue avec coquetterie pour que je l'embrasse...Alors c'est toi, Esteban?...Oui, madame...Elle minauda en prenant un air faussement contrarié...Quoi madame! Mamie Irma, c'est comme cela que tout le monde m'appelle ici. Les filles vont te montrer ton fare...Elle émit un glapissement strident et, venues de la terrasse voisine où je les entendais piailler depuis mon arrivée, une demi-douzaine de jeunes filles firent leur apparition. Moi, tout ce qui m'intéressait, c'était que la douairière avait dit, TON fare.

Il s'agissait d'un joli bungalow de deux chambres, construit sur pilotis dans un coin reculé de la propriété. Quand mes hôtesses se furent éclipsées dans un dernier éclat de rire en me rappelant qu'à midi un bon kaikai (repas) m'attendait dans la maison principale, je fis le tour du propriétaire. La maison semblait neuve et pourvue de certains raffinements technologiques. Ainsi, il y avait un téléviseur à écran plat relié à une gigantesque parabole à laquelle les assauts du vent arrachaient une plainte lugubre. Mais ce qui me frappa, fut le fait que cette habitation était remplie de peluches de toutes tailles, toutes figées dans cette absurde attitude de soumission ravie qu'affectionnent tant leurs propriétaires. Il y en avait partout: sur les lits, les commodes, les fauteuils et le divan. Je fis donc le ménage, les enfermant dans la chambre que je n'occuperais pas. Il me sembla les entendre protester, mais ce n'était que le vent qui tentait de forcer le passage sous la porte d'entrée. Je remarquai aussi que toutes les portes étaient munies de solides crochets, afin de les assujettir contre les cloisons quand elles étaient ouvertes. Encore et toujours le vent, même fenêtres closes, il faisait claquer les portes à l'intérieur de la maison.

A midi, m'étant rendu dans la grande maison, j'eus la désagréable surprise de trouver le démarcheur installé à la table encombrée de mets divers. Devant lui, s'alignaient une demi-douzaine de boites de Heineken vides. Toujours installée à l'extrémité de la table, sans même faire mine de s'intéresser aux propos du démarcheur, la douairière salua mon arrivée par une élégante inclinaison de la tête, m'invitant à prendre place à l'autre extrémité, introduisant, par ce geste, une subtile distinction hiérarchique entre le démarcheur et moi, ce dont je lui sus gré. Je crois que, dans le fond, je suis un être odieux.

 

16:06 | Lien permanent | Commentaires (13)

25 septembre 2009

Du vent et des femmes

 

Encore une autre mission. Une autre ile. Juste un peu plus isolée. Un peu plus oubliée. Je ne la connaissais pas celle-là. Et ce vent non plus, qui, tandis qu'il s'engouffre dans le cirque au fond duquel sont disséminées les quelques habitations du village, prend de la puissance avant de rebondir sur une paroi rocheuse infranchissable. Contrarié par cet obstacle, il revient sur le chef-lieu en tourbillons furieux, faisant courber leur tête aux cocotiers et gémir les banians. La dernière fois que j'avais eu à subir un vent pareil, c'était en Terre-de-Feu.

Alors que je remontais l'unique rue du village, passager de l'une des rares voitures venue me chercher à la piste d'atterrissage (on ne parle plus d'aéroport dans ce cas), je vis ces femmes, toutes ces femmes (il n'y a que des femmes à U-H***) débouler vent arrière, la robe «mission » (on était dimanche) coincée dans la rainure des fesses, tentant vainement de freiner leur course folle, tandis qu'elles croisaient celles qui progressaient péniblement vent debout, pas à pas, la tête basse, les vêtements claquant furieusement au vent.

La pension n'était pas véritablement une pension, mais un campement. Pas un campement fait de tentes, mais un amoncellement de baraquements dont les uns étaient en construction et les autres en voie de destruction. Le vent faisait claquer ça et là des tôles invisibles. La voiture s'arrêta devant ce qui me sembla être une maison de passe dans un quartier louche de Panama City. La façade rouge parcourue d'étranges arabesques noires laissait voir au travers de baies vitrées cassées une pièce dévastée dont la moquette d'un vert fluo agonisant s'était recouverte des restes du plafond crevé. Dans un coin, un sommier tordu et, sur l'une des cloisons, une fresque délavée montrant une sainte Vierge échevelée aux yeux exorbités surmontée de ces paroles « Sainte Marie, ayez pitié de nous! ».

Tandis que je quittais la sécurité de l'habitacle de la voiture en tentant vainement de résister aux assauts du vent, ma conductrice m'expliqua, tout en s'agrippant au montant de sa portière...Normalement, c'est ici que logent les gens de passage. Mais là, vraiment, je ne sais plus. Il faudrait voir avec la patronne...

J'espérais juste que ce normalement jouerait en ma faveur et que, même en un lieu où la norme avait sérieusement pu être altérée, on serait obligé de constater que vouloir faire dormir quelqu'un dans pareil endroit, revêtirait, toutes choses égales par ailleurs, un caractère totalement anormal. D'ailleurs je me demandais bien qui avait jamais pu trouver un repos, même provisoire, sous le regard courroucé de cette vierge dans cette atmosphère de lupanar ultramarin.

Il me faut aussi préciser que je ne fus pas le seul passager à débarquer du minuscule avion dont le pilote, peu désireux sans doute de s'attarder en pareil endroit, laissa tourner les moteurs pendant les deux ou trois minutes que durèrent l'escale.

L'autre passager était un européen d'une cinquantaine d'années que je ne connus jamais autrement que sous l'appellation de démarcheur, terme qui fut utilisé dès son arrivée par la conductrice du taxi...C'est toi le démarcheur?...et que je continuerai donc à utiliser pour la suite de ce récit. Sur le moment je fus content de sa compagnie. En monopolisant la conversation, il me dispensa d'avoir à répondre aux questions d'usage de la conductrice, non que j'éprouve une quelconque aversion pour les femmes au volant, mais quand j'arrive dans un endroit inconnu j'aime bien le faire en silence.

Tandis que j'admirais le paysage, je ne prêtais qu'une oreille distraite à ses propos. Il était là pour vendre des produits, une incroyable variété de produits, aux petits commerçants ainsi qu'à quelques particuliers. Il n'était pas à la retraite, c'était déjà ça. Je crus comprendre qu'il irait loger chez une connaissance. Donc tout était pour le mieux.

Ce fut donc avec un certain étonnement que je vis le démarcheur s'extirper péniblement de la voiture (il était très rond) et nous emboiter le pas à la recherche de la Patronne. Sans doute une cliente, pensai-je, chassant au loin la déplaisante idée que la patronne pouvait être justement cette vieille connaissance chez qui il allait passer la nuit. Évidemment, le démarcheur logeait où il voulait, mais ailleurs, de préférence. Avec celui de ses produits, j'avais déjà eu un bref aperçu du catalogue de sa conversation durant le trajet nous menant de la piste au village et cela me suffisait amplement. Le dimanche était encore long et je ne voulais absolument pas connaître le nombre de soutien-gorges qu'il avait vendus aux élégantes des iles Gambier, ni savoir ce qu'il ferait si lui, le démarcheur à qui on ne la faisait pas, présidait aux destinées du pays. Avec ses cheveux coupés en brosse, sa couperose, son ventre proéminent, sa (fausse, j'ai l'oeil) Rollex, son verbe haut, ses jugements sans appel, il était tellement le stéréotype du « beauf » qu'il en devenait attendrissant. Pendant un lapse de temps n'excédant pas la demi-heure, toutefois. Il ne faut pas abuser des bonnes choses. Or cette demi-heure venait d'arriver à son terme.

15:46 | Lien permanent | Commentaires (16)

22 septembre 2009

Les Parfait

 


Je ne peux plus les supporter. Les retraités. Non, c'est fini. Il a du y en avoir un ou deux de trop, je ne sais pas, mais, depuis quelques temps, leur vision m'indispose au plus haut point. Pas vraiment leur vision, à vrai dire, car, à première vue, rien ne ressemble plus à un être humain normal qu'un retraité. Je ne parle évidemment pas de retraités octogénaires qu'on imagine difficilement autrement que retraités. Non, je parle de cette spécialité bien française: le retraités quinquagénaires en pleine forme qui pourraient encore servir de nombreuses années et qui n'ont même pas payé leurs quarante annuités.

Pas leur vision qui me dérange, non. C'est juste de les écouter. Cette satisfaction, feinte, je suppose, car si elle n'était pas feinte ce serait pire que tout, d'avoir été mis à la poubelle, avec cette angoissante constatation que contrairement aux ordures, il n'y a aucun recyclage de prévu.

….On aurait encore pu continuer....Petit sourire soumis...Mais, on a préféré laisser la place aux jeunes...Tu parles! On te vire avec une préretraite pourrie et on file ton poste à un ouzbek sous-payé. Faut dire que dans les steppes d'Asie Centrale on n'a pas de gros besoins. On n'y trouve pas grand chose à vrai dire. Même la mer s'est tirée. C'est tout dire! Enfin, c'est leur problème aux ouzbeks. Mais les retraités, non franchement, je ne peux plus...

Ça doit être à cause des Parfait. Oui, parfaitement, les Parfait. Pas une secte, hein, entendons nous bien, juste un couple, les Parfait. Je tiens à préciser que les Parfait ne m'ont rien fait, que je ne les connais même pas, qu'ils ont l'air charmants, intelligents, sympas et tout et tout. Ils valent surement mieux que moi d'ailleurs. Voilà, voilà, je crois que je n'ai rien oublié, je peux commencer.

Non, c'est juste qu'ils sont parfaits, les Parfait. Et qu'ils ont une grande gueule qu'ils ouvrent un peu trop souvent à mon goût. Alors, lorsqu'après une journée exténuante on essaie de jouir du calme et de la fraicheur relative de la nuit tropicale, assis, seul, à la table d'un petit restaurant (quelques tôles jetées sur quatre piquets, on fait pas dans le luxe aux colonies) situé au fin fond d'une ile perdue au milieu de Pacifique, calme nocturne qu'on n'espère troublé que par la stridulation frénétique d'insectes invisibles (parce que ça stridule dur sous les tropiques, la nuit, vous pouvez me croire), quand les Parfait débarquent, s'installent à la table voisine et ouvrent leur grande gueule, on est obligé de les entendre, même si on estime avoir déjà assez entendu de conneries pour aujourd'hui et tout autre jour à venir. Mais de ça ils s'en fichent les Parfait, alors, ils l'ouvrent grande, leur gueule. Et ça dégouline de perfection. Ah, ces paysages, ces plages, ces caps, ces rochers, ces arbres, quelles merveilles! Et les gens! Mon Dieu, les gens! Là on sent que les Parfait peinent à trouver les superlatifs qu'ils se renvoient d'un bout de la table à l'autre comme une balle de squash (les parfaits sont des bobos, ils font donc du squash, enfin, en faisaient). Moi, j'ai toujours trouvé les gens d'ici normaux. Terriblement humains. Mais pas les Parfait, non. Je ne sais pas qui ils fréquentaient avant de venir s'installer dans le Pacifique, mais ça ne devait pas être bien fameux pour qu'ils parent les habitants de ce lieu désolé de vertus aussi exotiques que la gentillesse, le sens de l'hospitalité, la largesse d'esprit, la tolérance et d'autres trucs dont je ne me souviens même plus. Il faut dire que le couple Parfait est un couple de professeurs des écoles....à la retraite. Ça, ils le claironnent comme s'ils voulaient faire tomber des murailles invisibles. Bien entendu, ils ont cinquante ans et en paraissent vingt de moins avec leurs traits lisses et leurs petits débardeurs moulants. Alors moi, que trente années passées sous les tropiques ont momifié, ça m'énerve, forcément, toute cette fraicheur stérilement assise dans cette gargote du bout du monde alors qu'elle devrait être en train d'inculquer des rudiments de savoir à la jeunesse inculte des banlieues.

Quand ils commandent à manger, les Parfait, c'est toujours un truc léger, frais, une petite salade par exemple, à peine assaisonnée d'un peu d'huile d'olive (bien sur). La ligne, confient-ils à la patronne, en tapotant leur ventres plats et musclés, avant de confier qu'ils ont couru vingt kilomètres aujourd'hui, en plein soleil. Profitant d'un moment d'inattention de leur part, la patronne se tourne vers moi et se frappe la tempe de l'index. Je lève les yeux au ciel.

A peine les salades posées devant eux, que les voilà repartis dans leur panégyrique. Évidemment, ils n'ont jamais vu de salades aussi belles, aussi saines, aussi craquantes, d'un vert aussi vert. En les regardant engloutir le contenu de leur assiette tout en se complimentant mutuellement d'avoir eu l'idée de venir passer leur retraite dans ce paradis, je songe juste aux centaines de litres de pesticides, insecticides, fongicides, dont les autochtones arrosent leurs légumes. L'écologie, ça fait rigoler tout le monde ici!

Mais tout cela n'est que broutille. Les Parfait aiment tout et tout le monde? Grand bien leur fasse! Ça change des grincheux de mon espèce. Mais il y a pire. Les Parfait veulent aussi que tout le monde les aime. Cela fait à peine un mois qu'ils ont débarqué sur l'ile et déjà, ils ont l'impression de s'être parfaitement intégrés. D'avoir été acceptés par la population. L'immersion totale, en somme.

Alors, lorsqu'une famille se présente au restaurant, ils serrent les mains aux hommes, embrassent les femmes et les enfants, puis les invitent à leur table. Peu importe le malaise palpable des nouveaux venus qu'ils ont peut-être tout juste salués l'une ou l'autre fois dans le village, ils les assoient de force et les forcent à écouter leur logorrhée. Je songe que les Parfait ne m'ont pas même adressé un salut en passant devant moi, quelques minutes auparavant. Puis, une brusque nausée m'envahit. C'est bien de mon pays, la France, qu'ils parlent, les Parfait. Si la salade était presque trop belle pour être mangée, celle qu'ils servent à leurs auditeurs a des relents de pourriture. Pas de mots assez durs pour qualifier le mère patrie. Autour de la table, les visages sont livides, les corps figés. Ces pauvres gens, venus là pour faire bombance entre eux, souhaiteraient sans doute voir la terre s'ouvrir et engloutir les Parfait et tous ceux de leur espèce. Ce que ces derniers ignorent, englués qu'ils sont dans leur perfection, c'est qu'il y a deux choses que les marquisiens détestent, les popaa d'abord et surtout que ces mêmes popaa dénigrent leur propre pays, la France. En effet, si ce peuple de guerriers accepte d'avoir été soumis au siècle passé par une nation puissante, il ne supporte pas l'idée d'être administré par une bande de lopettes auto-flagellantes.

Le chef de famille est instituteur pas à la retraite. Ce qu'apprenant, monsieur Parfait glisse dans le tuyau de l'oreille de ce collègue du bout du monde...Et cette idée de vous imposer d''enseigner le français quand vous avez une langue si belle et si riche!...L'autre réfléchit un instant en pliant sa serviette de manière menaçante, avant de répondre par une question...De quelle région de France êtes-vous originaire?...De Bretagne...Il hoche la tête, puis poursuit...Vous parlez le breton?...Heu, non, enfin juste quelques mots...L'instituteur soulève alors ses deux cents kilos du haut de son mètre quatre-vingt-dix (en se laissant tomber sur les Parfait, il les aurait transformés en crêpes) et, avant de donner le signal du départ au reste de la famille, se contente de laisser tomber...Eh bien nous, monsieur, nous parlons marquisien ET français....

Face à cette Bérésina, les Parfait, faute d'autre interlocuteur à qui s'adresser, la patronne ayant regagné sa cuisine en jurant, les Parfait qui jusque là m'avaient ignoré, me demandent...Mais qu'est-ce qu'on a fait? Qu'est-ce qu'on a dit?...Leur monde de perfection commence à se lézarder. Je leur fais...Chut! Écoutez!....Hein? Quoi?....Vous n'entendez rien?...Non. Que voulez-vous qu'on entende?...C'est bien ce que je pensais!...

Les Parfait ne font que passer. Nous autres, les vieux coloniaux, nous continuerons à écouter, tous les soirs, dans la fraicheur relative de la nuit tropicale, les stridulations des insectes invisibles.

17:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21)