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22 novembre 2008

Bon sang, ce que c'est beau une information qui passe...

 

 



Hier soir je regardais « envoyé spécial », une des rares émissions diffusées sur la chaîne unique de RFO me permettant de prendre le pouls de la société française , c'est dire si je suis bien informé. J'aime beaucoup « envoyé spécial ». Il y a les reportages en caméra cachée. Là, on se sent vraiment au coeur de l'évènement. Le fait que le champ de vision soit réduit à l'extrême, le visage des intervenants flouté et leur voix transformée, ne nuit en rien à l'information. Pas le moins du monde... N'est en rien nuisible, non plus, à la bonne compréhension du sujet traité le fait que les hommes ou les femmes faisant l'objet du reportage parlent en général, d'une voix de canard, en une langue que personne, hormis les intéressés, ne comprend. On voit tout de suite qu'on est au coeur d'un réseau de prostitution ou en présence de redoutables trafiquants de drogue ou en encore dans le saint des saints des services secrets de Mongolie intérieure. L'information passe. C'est beau une information qui passe. On se sent tout de suite plus citoyen.

Il y a les présentatrices aussi. Elles transpirent objectivement l'information. Assises, raides comme des cierges de Pâques, elles me font penser au cobra et à la mangouste. Que l'une baisse la garde et l'autre lui mettra les tripes à l'air.

Hier, nous avons eu droit à des reportages en clair. Il ne faut pas abuser des bonnes choses.

Les sujets? L'introduction d'une nouvelle boisson en France, les suicides dans les prisons et un humoriste qui ne m'a jamais fait esquisser ne serait-ce qu'un sourire. Mais je suis un inconditionnel de Raymond Devos, donc irrécupérable.

Pour les prisons, je n'y connais trop rien, j'ai réussi à éviter d'y aller jusqu'ici et, à mon humble avis, plutôt que d'avoir une opinion arrêtée sur la question, je vais continuer à tout faire pour m'en tenir éloigné ce qui me semble être la meilleure solution pour éviter la surpopulation carcérale.

Par contre, je suis un gros buveur d'orangina et j'ai donc suivi avec passion la saga de la nouvelle boisson dont les canettes déferlent sur notre beau pays en un torrent ininterrompu depuis quelques mois. Son nom? Le Toropupu. Oui, j'ai préféré masquer le nom, je ne suis pas certain qu'il veuille qu'on le reconnaisse.

On sent dès le départ que c'est pas très catholique ce machin. Pour son lancement, pas de publicité à la télé mais du porte à porte. Moi ça ne m'a pas dérangé outre mesure, mais la voix off avait l'air de dire que c'était sournois et que ça cachait quelque chose. La cible? Je vous la donne en mille....LES JEUNES...Ça c'est un scoop! D'habitude on ne lance que des boissons pour vieux. C'est vrai ça, on ne parle jamais des jeunes dans ce pays. Sont donc visés les « quinze-vingt cinq ans ». Pour les autres, je ne sais pas trop. Leur gorge doit se fermer, se refusant à laisser passer le breuvage à moins qu'ils en crêvent, la bave aux lèvres, le ventre distendu, en poussant leur dernier soupir en araméen. Mais revenons au Toropupu. On sent que la voix off n'aime pas trop. C'est que cette boisson en plus d'être gazeuse et sucrée, attire la vodka comme un aimant. Tu te verses un verre de Toropupu et, surgie de nulle-part, une bouteille de vodka munie d'un doseur (business is business) largue sa dose mortifère dans la boisson à bulles. Ahlalala! Le résultat est terrible! Les « quinze-vingt cinq ans » sont tout malades et vomissent tout partout. Les pauvres choux! Envisage-t-on une seule seconde que le coupable de pareils effets puisse-t-être la vodka (espérance de vie des mâles en Russie: cinquante ans)? Noooooon! Pas une seule seconde, mais un seul coupable: l'ignoble breuvage à l'aspect de pisse gazéifiée. Mais que fait la police? Rien comme d'habitude. Ou plutôt si, elle traque les vieux qui conduisent shootés au gros rouge, on ne fait rien pour les jeunes dans ce pays, c'est bien connu.

D'abord il vient d'où ce Toropupu? Je vous le demande. Là, on sent comme une jouissance contenue dans le voix off. Un début d'orgasme. C'est que la maudite boisson est fabriquée en.... Autriche. L'Autriche! Suivez mon regard... J'ai l'impression qu'on a du obliger la voix off à porter des Lederhosen et un chapeau tyrolien dans son enfance. Circonstance aggravante, l'usine de conditionnement se trouve dans un cadre idyllique. Au milieu des forêts et des montagnes. Aucune banlieue pourrie à l'horizon. On sent que la voix off a perdu tous ses repères. Ça ne peut cacher que des choses fort laides toute cette beauté. Venons en maintenant à la personnalité du créateur de cette perfide entreprise. On voit tout de suite qu'il n'est pas clair ce gars. D'abord il est vieux et puis il n'aime pas les journalistes. Rien que pour ça, il mérite déjà la prison. Enfermé dans une cellule avec un jeune psychotique buveur de coca. Et son parcours! A quarante ans, oui, vous avez bien entendu, quarante, un âge où toute personne douée de raison songe à prendre une retraite pas du tout méritée , à quarante ans donc, notre homme abandonne un travail bien rémunéré et part pour la....Thailande. Là, il s'associe à un autochtone (s'affiche la photo d'un asiatique grimaçant) pour mettre son breuvage au point. La voix off se trémousse d'aise. La messe est dite. La sainte opinion publique dûment informée pointe le pouce vers le bas.

Et les victimes de cet immonde brouet? A ce stade, ayant assimilé l'information qu'il s'en vend des milliards de boites dans le monde chaque année, je m'attends à entendre des chiffres apocalyptiques. Des milliers, que dis-je, des millions de morts! La voix off minaude, semble peiner à trouver ses mots. Des morts, non quand même pas. Pas encore, il ne faut pas éxagérer, quoique....Il y eut bien ce jeune suédois en pleine santé, mort d'un arrêt cardiaque lors d'une soirée entre amis. La voix off attaque.... Évidemment il avait bu du Toropupu ce jour là, non?... Réponse d'un ami de la victime...Non...Mais il aurait pu en boire (la voix off s'impatiente)?..Oui, mais non...Le jour d'avant?...Non...Deux jours avant alors (la voix off semble désespérée)?...Oui...On respire et la voix off reprend espoir...En grosse quantité?...Non, une canette...Aha, je vous l'avais bien dit, même en petite quantité...La voix off triomphe.

J'avoue qu'à ce moment là, un doute s'est mis à planer et un doute qui plâne, c'est pas mal non plus. Le soupçon m'a un très court instant traversé l'esprit qu'on se moquait de nous. Enfin, pour être précis, je me suis dit qu'on nous prenait carrément pour des cons. Mais je me suis rapidemment ressaisi. C'était tout simplement l'information qui passait, déguisée en doute plânant pour l'occasion...




 



 






 

00:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Y a trop de jeunes !

Écrit par : Olivier Bruley | 06 décembre 2008

Non, on les voit trop...

Écrit par : manutara | 06 décembre 2008

Et ils s'agitent beaucoup en ce moment ! Dans ma ville chaque nuit des voitures sont brûlées. Si encore ils s'en prenaient aux 4X4 des bobos, on leur pardonnerait presque. Même pas ! Ils font brûler des vieilles voitures que leurs propriétaires ont déjà tant de mal à conserver en état faute d'avoir assez d'argent pour en acheter une plus récente.
Mais CHUT, il ne faut surtout pas en parler pour ne pas affoler les braves gens...

Écrit par : tinou | 10 décembre 2008

Un de ces jours il faudra quand même que je développe dans un post ma brillante théorie (le pullitzer n'est pas totalement exclu) sur les ravages du jeunisme dans nos sociétés occidentales et son rôle dans la crise économique que traversent ces pays. Une idéologie s'était déjà servie de la jeunesse pour corrompre toute une nation: le national socialisme.
Un jeune est par définition égoiste, amoral, présomptueux et ignorant. Il en fut ainsi de tous temps. La nouveauté c'est le culte voué à la jeunesse, sa déification et quand on adore l'égoisme, la présomption et l'ignorance on court à sa perte. Je ne songe nullement à repprocher aux jeunes cette exaltation que procure ce bref instant de vie, mais ils ont besoin du garde-fou que constituent la maturité et la vieillesse, or ce garde-fou n'existe plus dans nos sociétés.

Écrit par : manutara | 11 décembre 2008

Je connais la théorie d'Esteban, et elle est en effet très brillante. J'invite tous les lecteurs de ce blogue à en supplier l'auteur de nous exposer cette théorie. Je la trouve passionnante.

Écrit par : Olivier Bruley | 11 décembre 2008

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