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16 décembre 2006

Chronique de mes haines quotidiennes

Il fait partie de ces instruments pour lesquels j’ai développé une haine presque humaine. Mais il arrive largement en tête de mon bréviaire de haine quotidienne. Il a détrôné, depuis une dizaine d’années, cette espèce de petite trousse que, dans les années quatre-vingt, les hommes laissaient pendre avec désinvolture, retenue par une dragonne à leur poignet. Quelle vision grotesque que celle d’un homme en train de fouiller d’un air gourmand  dans cet ersatz de sac à main, afin d’y saisir un document, de l’argent ou un paquet de cigarette ! D’ailleurs je n’ai jamais pu supporter les sacs, les valises, les serviettes, enfin toutes ces choses que l’on appelle communément bagages et que les romains appelaient impedimenta. En espagnol, « impedir » signifie empêcher, gêner. Je me demande si, pendant des années, je n’ai pas  sillonné le monde avec mon voilier pesant vingt tonnes,  juste pour éviter de voyager encombré de bagages. Plus tard, j’achetai un pied à terre dans les endroits qui me plaisaient. J’y laissais tout ce qui m’était nécessaire en fonction de la latitude où je me trouvais et pouvais ainsi voyager sans bagages. C’était ruineux et de fait, cela me ruina. Je n’aurais pas du, non plus, voyager en première classe. Mais la vision de la quantité extravagante de bagages que les gens transportaient en classe touriste me déprimait trop. C’est fou ce que les « pauvres » trimbalaient comme bazar en classe touriste ! Dieu merci, depuis peu, je peux de nouveau voyager dans cette classe rebaptisée, au gré de l’imagination des compagnies, alizé, nirvana, poerava, tempo, Kartofel, calabozo…D’abord, parce que je n’ai plus les moyens de me payer autre chose et ensuite, parce que le poids des bagages autorisés en cabine est limité à vingt grammes…  Les chapeaux aussi. Je hais les chapeaux. Je n’ai jamais pu supporter ces trucs. Je ne comprends rien à cette obsession de se coller ces choses patibulaires sur la tête. Prenons les gendarmes. On avait fini par s’habituer à leur képi, mais là, franchement, la gapette dont on les a affublés depuis peu… On dirait un camembert trop fait. Comment voulez-vous qu’ils puissent se faire respecter avec une chose pareille sur la tête ? « Sortez les mains en l’air ! Pas un geste et puis (pour l’amour du ciel) arrêtez de rire ! ». Quand je pense que la confection de ce couvre-chef  disgracieux a du être entourée de tous les soins qu’on prodigue généralement à un prototype dans l’aviation ou dans l’automobile : une armée d’ingénieurs s’escrimant sur des ordinateurs surpuissants, essais en soufflerie dans une base secrète, tests en double aveugle (un gendarme porte la vraie future casquette tandis qu’un autre, sans le savoir, se voit attribuer un placebo tout aussi moche), inauguration en grande pompe par le président de la république ! Et puis,  la télévision. Ah, la télévision. Je hais la télévision. Cet objet anciennement ventru devenu plat qui trône généralement au milieu du salon et qui ne s’éteint jamais. Pour moi, un des signes indéniables de l’abandon de toute dignité chez l’homme est de manger de la tartiflette en débardeur et charentaises tout en regardant la télé. La tartiflette, je n’ai jamais goûté, mais je trouve juste le nom répugnant. Enfin, tout cela n’est rien, en comparaison de la répulsion que m’inspire le téléphone portable. Les révolutions techniques sont comme les révolutions tout court. Porteuses d’espoir au début, elles assujettissent un peu plus les individus en fin de compte. Dans un premier temps, je me suis dit, comme les autres, fantastique, finies les heures perdues à regarder mon téléphone dans l’attente d’un coup de fil important, désormais on peut me joindre partout ! Ah la, la, quel progrès ! Enfin, soyons franc, je me suis toujours soucié des coups de téléphone comme de colin tampon, mais si j’avais eu une vie normale c’est ce que j’aurais pensé. Pouvoir être joint n’importe où ? Ce qui n’était qu’une exotique possibilité au début (devine où je suis et ce que je suis en train de faire ?) devint rapidement une obligation (T’es où? Tu fais quoi ?). Les gens se plient d’ailleurs avec délice à cette dictature téléphonique. Je suis fasciné par ce réflexe pavlovien qui pousse les passagers d’un avion, dès que celui-ci a atteint son lieu de débarquement, à se précipiter sur leur téléphone portable et à appeler justement la personne qui se trouve à une centaine de mètres de là et qui les attend, dûment prévenue par les panneaux d’affichage que l’avion vient d’atterrir. Et ça crapahute dur dans les couloirs, le téléphone vissé à l’oreille (quand ce n’est pas une oreillette grotesque qui les font ressembler à autant de monsieur Spok), « je viens d’arriver, nous venons de nous poser, mon avion a atterri, je marche dans les couloirs, je suis à la douane, je serai là dans deux minutes, je te raconterai… ». Emouvant. J’ai pris l’habitude de regarder la série « vingt quatre heures » à la télévision. Oui, je sais. La télévision, après ce que je viens de dire… Pour en revenir à cette série, je ne la regarde que pour la dénigrer. Evidemment.  Je trouve l’agent Bauer pathétique. Un crétin pathétique.  A courir ainsi derrière sa femme et sa fille qui, après chaque libération, se font de nouveau enlever, il me fait penser à Sisyphe. Son arme ? Le téléphone portable. Celui qui s’ouvre en faisant le bruit d’une coquille d’escargot que l’on écrase. Je soupçonne que cette série a été largement sponsorisée par un constructeur de téléphones portables. Quelques soient les circonstances, l’agent Bauer répond toujours au téléphone. J’ai beaucoup aimé cette scène où on le voit couché sous une voiture, entouré de policiers qui le recherchent, répondant à sa femme qui l’appelle alors qu’elle à mis à « profit » le viol dont elle vient d’être la victime de la part d’un de ses geôliers pour lui subtiliser son téléphone portable. Le message subliminal est là : tout, plutôt que d’être privée un seul instant de mon téléphone portable…

22:30 | Lien permanent | Commentaires (8)

12 décembre 2006

L'automne du patriarche

C’est avec étonnement que j’ai appris, l’autre soir, en regardant la télévision, le décès du dictateur le plus sanguinaire du vingtième siècle (pour reprendre l’expression d’un journaliste aux oreilles décollées), le général Augusto Pinochet.  Mon étonnement n’eut pas pour objet, bien évidemment, le décès de l’ancien dictateur (cela fait dix ans qu’il est moribond et vingt ans qu’il est « gaga total », pour reprendre l’expression des chiliens.), mais son accession à la plus haute marche du podium despotique.  Celui que ses concitoyens appelaient Pin 8 (pinocho) aurait donc été l’être le plus vil et le plus cruel que la planète ait enfanté ces cent dernières années ? A la trappe Hitler, la shoah, la deuxième guerre mondiale et ses quarante millions de morts ? Stalin, Mao, Pol Pot ? Relégués au rang de gentils organisateurs de colonies de vacances ? Les centaines des milliers de morts provoquées au Guatemala et au San Salvador par le très religieux Rios Montt et le sinistre d’Aubuisson ? Un point de détail de l’histoire ?

 

Il faut quand même savoir que le bombardement à l’arme chimique que Saddam Hussein a ordonné sur les populations kurdes a fait plus de victimes en quelques secondes que dix sept années de dictature militaire au Chili. Je sais. Il est difficile de noyer la douleur de femmes et d’hommes torturés et assassinés dans des statistiques. Mais les faits sont là. La dictature de Pinochet , selon des études menées par des juristes chiliens ces dernières années, a produit un solde macabre de trois mille morts et disparus. Dans le même temps, la dictature des généraux Videla et Galtieri a provoqué la mort et la disparition de trente mille argentins, avec, en point d’orgue, la guerre des Malouines qui a laissé le pays exsangue, au point que, vingt cinq ans plus tard, il ne s’en est pas encore remis.

 

Si on me demande aujourd’hui qui de Salvador Allende ou d’Augusto Pinochet je préfère, mon choix se portera, sans hésiter, sur le premier. C’était un homme intelligent, cultivé, généreux, à l’écoute de la détresse matérielle de ses concitoyens et par-dessus tout, un démocrate. Même les pinochetistes les plus extrémistes lui reconnurent un courage physique hors du commun. Il est mort en homme, con las botas puestas, ont-ils coutume de dire ! Malheureusement c’était un piètre homme d’Etat qui ne sut jamais contrôler la gauche de sa gauche, au point de finir par se faire contrôler par elle.  Il faut se rappeler que le 11 septembre 1973, le pays était dans un chaos indescriptible, au bord de la guerre civile, guerre qui aurait certainement fait des centaines de milliers de mort si elle s’était déclenchée. Pinochet jouissait du soutien des trois armes (ce qui en Amérique latine est exceptionnel tant la rivalité entre l’armée de terre, l’aviation et la marine est grande dans ces pays). Une grande partie de la population (pas seulement l’oligarchie) souhaitait le départ d’Allende. La question n’était donc pas de savoir si coup d’Etat il allait y avoir, ni même quand, mais comment les choses allaient se passer dans un des rares pays d’Amérique latine à avoir une longue tradition démocratique. Et c’est là que les choses dérapèrent. Si le coup d’Etat ne surprit personne, sa violence prit tout le monde au dépourvu. Fort d’un inébranlable soutien militaire et de celui d’une large partie de la population, la démonstration de force à laquelle devait se livrer la junte pendant les mois qui suivirent le 11 septembre paraît aujourd’hui inexplicable. Car c’est pendant ce court lapse de temps, dans le sillage de que ce qu’on a appelé plus tard « la caravana de la muerte », que toutes les personnes qui, de près ou de loin, avaient gravité dans l’entourage d’Allende furent arrêtées et exécutées dans des conditions atroces. Tout le monde se souvient de la fin du chanteur Victor Jara dont l’exécution fut précédée par l’amputation des mains. N’alla-t-on pas jusqu’à fusiller le chauffeur d’Allende. J’imagine que le même sort a été réservé à son majordome et à sa femme de ménage ! Plusieurs de ses collaborateurs les plus proches préférèrent le suicide à l’arrestation. Une fois cette période de folie sanguinaire passée, il y eut une certaine normalisation et de l’avis des chiliens avec qui j’ai parlé, à condition de ne pas se mêler de politique, la vie, au Chili, n’était pas plus terrible qu’ailleurs. Meilleure sans doute que dans le reste de l’Amérique latine.

 

  Chaque fois qu’à Santiago je suis passé devant le palais présidentiel, je me suis toujours posé cette question. Pourquoi tant de violence de la part de la junte (il ne faut pas oublier qu’au début Pinochet n’était pas tout seul) alors que le pouvoir lui était offert sur un plateau ? Il lui aurait suffi, comme elle le fit par la suite, d’exiler les principaux acteurs du gouvernement Allende, de faire preuve de la mansuétude des vainqueurs et aujourd’hui, peut-être, Pinochet jouirait-il de l’image positive qu’on réserve à un Castro ou à un Peron.

 

Je me suis aussi demandé souvent, en le regardant radoter à la télévision alors que la transition vers la démocratie s’était déroulée sans effusions de sang, pourquoi un homme aussi insignifiant que Pinochet, à la voix haut perchée de femelle hystérique, pouvait, à l’étranger (pas au Chili), déclancher une telle onde de haine. Ce fut un ami universitaire qui me donna des éléments de réponse alors que le vieux dictateur était retenu en Angleterre et que, selon un sondage, un chilien sur deux trouvait cette arrestation scandaleuse.

 

Ce que les gauches du monde entier reprochent au dictateur, m’expliqua mon ami, ce ne sont pas les morts, il a plutôt moins tué que d’autres, mais ce que les gauches ne peuvent lui pardonner c’est qu’il leur ait cassé leur jouet ce 11 septembre 1973. En effet, le Chili était devenu un laboratoire grandeur nature dans lequel toutes les utopies (étrangères pour la plupart) se devaient d’être expérimentées. Le jour du coup d’Etat, ce grand laboratoire fut fermé.

 

Si ce coup d’Etat en avait généré un autre, si, au moins, des partis d’opposition avaient organisé une lutte armée révolutionnaire, populaire, prolétarienne, comme cela se fait partout ailleurs, dans les dictatures politiquement correctes du moins,  on aurait fini par lui pardonner, au vieux général. Mais non. Tout semblait lui réussir. Le Chili devint le « dragon » de l’Amérique du Sud et une classe moyenne (nausée) commença à poindre. Comble de l’horreur, le vieux dictateur choisit d’organiser sa chute par voie…référendaire ! Or une transition dans le calme, sans ruisseaux de sang et montagnes de cadavres est une chose contre nature pour un gauchiste bien de gauche. D’ailleurs depuis, cette démocratie chilienne a toujours semblé émettre une odeur suspecte aux nez délicats de notre gauche caviar occidentale. Oui bien sûr, Alwin, Frei, Lagos, des démocrates oui…mais quand même… Il a fallu qu’une femme, socialiste, soit élue à la tête du pays, pour qu’enfin on se décide, dans nos médias, à montrer d’autres images du Chili que celles d’un avion bombardant le palais présidentiel un certain 11 septembre 1973.

 

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03 décembre 2006

Les mouches

J’avais parcouru des milliers de kilomètres dans la région des lacs, visité des centaines de parcellas, englouti des almuerzos, des onces, des cenas, en compagnie de propriétaires, qui, bien souvent, avaient oublié où se trouvaient leurs parcellas, mais, jamais, n’hésitaient au moment de m’en donner le prix. Astronomique en général. Toujours en devises, souvent en dollars, parfois en Deutschemark (Beaucoup d’allemands dans la région. Non ! Pas ceux-là ! D’autres. Arrivés à la fin du dix-neuvième siècle). J’avais fini par atterrir aux confins du lac Llanquihue, au pied du volcan Osorno. Mon corredor de propiedades m’avait parlé de parcellas à vendre au bord du lac. Tout le pays semblait à vendre d’ailleurs ! Je m’arrêtai dans un « hostal » dont le patron me confirma l’existence d’une « pampita » située, « mas alla ». Il fit un mouvement désinvolte de la main vers l’est. Il s’excusa de ne pouvoir m’accompagner, des clients devaient arriver, des argentins, vous savez comment sont ces gens là, aucune notion de l’heure, si ça se trouve ils n’arriveront que demain, ou jamais, allez savoir avec les argentins ! Mais si je voulais bien revenir, il se ferait un plaisir de me montrer des terrains qu’il avait hérités de sa pauvre mère, que en paz descanse, et qui, eux, ne lui laisseraient aucun repos tant qu’ils ne les auraient pas vendus. Il avait un gros nez rouge (indicateur fiable d’une addiction certaine au Pisco sauer), qui vira au bleu lorsqu’il huma dans l’air limpide de cette fin d’après midi estivale l’odeur des dollars qui semblait se répandre dans mon sillage. Je continuai ma route, guidé par la silhouette imposante du volcan Osorno, éteint tout ce qu’il y a d’éteint, on vous le jure que jamais, en toda la vida, vous ne trouverez de volcan aussi éteint ! Les autres, là-bas, loin, loin, oui. Si que no. Ah, pour sûr. Ils sont en activité. Mais qui irait acheter une pampa dans ces coins désolés ? Je vous le demande don Esteban. Pour un caballero comme vous, c’est le long du lac et nulle part ailleurs. D’ailleurs, tenez, Michael Douglas a acheté un fundo dans le coin. Trente mille hectares. Trois millions de dollars. Isidoro Hartman, mon corredor de propiedades, aimait bien les chiffres ronds. Ce qu’il n’aimait pas c’était se déplacer dans le campo. A cause des tabanos, ces grosses mouches multicolores qui, en été, descendaient de la cordillère et fonçaient sur leurs victimes à sang chaud dans un bourdonnement furieux, avec une prédilection certaine pour les chevelures abondantes. Là, bien à l’abri, elles ouvraient grandes leurs bouches minuscules, plantaient leurs dents acérées dans le cuir chevelu  et suçaient goulûment le sang de leur hôte. C’était un peu douloureux, mais surtout très désagréable de sentir cette vie bourdonnante sur sa tête. Je finis par m’habituer à voir les gens marcher le long des routes, entourés d’un nuage de mouches dont ils essayaient de se défaire au moyen de branches arrachées aux genêts en fleur. Le patron de l’hostal au nez bicolore m’avait parlé d’une petite piste qu’il me faudrait prendre en quittant la route principale, piste au bout de laquelle je tomberais sur une propriété où l’on ne manquerait pas de me renseigner. Propriété était un bien grand mot pour désigner cet amas de cabanes délabrées qui constituaient le fundo « luna de miel » comme me l’annonçait un panneau cloué de guingois sur un portique rongé par la vermine. « Vacaciones de ensueno. Inolvidables ! Tarifas rebajadas ! » (Vacances de rêve. Inoubliables. Reductions). Les ruines semblaient désertes. Je descendis en direction de la plage où il me semblait déceler des signes de vie. Un jeune homme se baignait en compagnie de son chien. Le bête, un magnifique berger allemand, remarquant ma présence, nagea en direction du bord, puis, tout en s’ébrouant, se mit à courir dans ma direction. Pour une raison que j’ignore, les chiens inconnus me font toujours la fête. Celui-ci ne dérogea pas à la règle et ses pattes laissèrent de longues marques sablonneuses sur ma chemise et mon pantalon. Le maître, un superbe berger chilien, me fit signe tandis qu’il regagnait le bord. Comme il prenait pied sur le rivage, ma première impression se confirma, il était très beau. D’une beauté naturelle. Inconsciente. Très beau et… très nu. Je fis celui qui en a vu d’autres et le saluai courtoisement en évitant de le regarder ailleurs que dans les yeux. Les mouches suceuses, qui, jusqu’ici, m’avaient accompagnées depuis que j’avais quitté l’abri de la voiture, m’abandonnèrent un instant pour s’immerger dans les parties velues de mon interlocuteur, c'est-à-dire ses cheveux et ….cet autre endroit où tous les poils qui avaient refusé de pousser sur son torse semblaient s’être réfugiés. Tandis qu’il essayait  de protéger son entrejambe des deux mains en poussant des jurons douloureux, d’un geste implorant du menton, il m’indiqua « un jean » élimé qui pendait à quelques pas de là, accroché aux branches d’un chacai. Tout en installant, en quelques secousses nerveuses,  ses attributs à même la toile rugueuse, sans même songer à se retourner, il m’expliqua qu’il s’appelait Roberto, qu’il était le cuidador (gardien) du fundo à la dérive, que l’établissement était fermé depuis des années, au point qu’on ne se souvenait pas l’avoir jamais vu ouvert, qu’il n’était plus payé depuis des mois, que le tout était à vendre, si le cœur m’en disait. Non ? Tant mieux ! Parce qu’à la première grosse pluie, tout le terrain était envahi par les eaux. Oui, il connaissait la pampita à vendre qui m’intéressait.

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