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03 novembre 2006

Puiqu'il nous faut tous mourir un jour....

A Barcelone, les vieux travaillent encore, les bougres, dans de petits commerces, les musées, les kiosques à journaux et… à la plazza de toros monumental, où, une fois par semaine, ils endossent leurs uniformes élimés et, une lueur amusée dans les yeux, sous leurs casquettes trop grandes, s’occupent de vérifier les billets et de placer les aficionados en les interpellant joyeusement. Je suppose que la mort doit les saisir d’un coup, dans la rue ou, mieux encore, sur le sable de l’arène. Tandis que l’attelage composé de deux rosses fourbues les emporte, amarrés par les pieds, pour un dernier tour d’honneur, la foule, debout, les salue d’un « olé » retentissant.  Un espagnol me disait un jour…peu importe la manière dont tu as vécu, c’est la manière de mourir qui seule importe…

 

Quand, enfant, j’avais été envoyé à l’enterrement de l’oncle Luis, à Madrid, j’avais pensé que les policiers, placés à chaque croisement, saluaient le corbillard  parce que l’oncle Luis avait été un homme important. Durant l’almuerzo qui suivit l’enterrement, don Ramon, un ami du défunt qui ressemblait au général Alcazar de Tintin, me détrompa d’une voix éraillée, en un castillan grasseyant…no shaludan al hombrrrre que ha shido, shino al muerrrrte en que she ha buelto…(ils ne saluent  pas l’homme qu’il a été, mais le mort qu’il est devenu). Et le général Alcazar semblait réellement heureux pour mon oncle, car non seulement il était mort, mais bien mort. C'est-à-dire qu’une minute avant de mourir, il était encore vivant, mais vraiment vivant et non pas un mort en vie comme ces vieillards que l’on enterre de leur vivant, ou ces morts à crédit qui meurent un peu tous les jours, de maladie ou d’ennui, dans l’attente d’une peine capitale sans grand intérêt. Mon oncle Louis, lui, était mort en bonne santé, tué par son médecin. C’était à mourir de rire et je crus bien que le général Alcazar allait y passer…C’est que les vieux savent encore s’amuser, en Espagne ! Espagne où je compte donc bien m’installer dès que j’aurai réglé « uno o dos asuntos pendientes ».

 

Commentaires

Moi aussi, je suis partisan d'une installation en Espagne où, à défaut d'assumer ton inversion, tu assumeras mieux ton grand âge!!!

Écrit par : Olivier Bruley | 03 novembre 2006

Ah, te voilà de retour... En lisant ta note, j'ai repensé à ces petits vieux que j'ai vu sur les ramblas à Barcelone et qui faisaient danser les touristes ! Ils pétaient la forme, ça faisait plaisir à voir.
C'est vrai que chez nous on ne voit pas ce genre de choses, on les cache nos vieux, tu n'as pas tort !

Écrit par : tinou | 03 novembre 2006

Olivier, je vois que tes cours d'espagnol portent leurs fruits!
Inversion signifie effectivement investissement en castillan. J'assume toujours mes investissements! Va falloir que tu assumes les tiens!
Tinou, j'ai TOUJOURS raison, c'est bien ça le problème!

Écrit par : manutara | 04 novembre 2006

Bouh... Voyez-vous le prétentieux ! Regarde tes chevilles, je suis sûre qu'elles sont enflées. Méfie-toi de ce genre de phrase, à la longue, les gens finissent par acquiescer à tout ce que tu dis, histoire d'avoir la paix ! ( Mais ils n'en pensent pas moins...). Je te souhaite une bonne journée. Ici la nuit commence à tomber ( boum ! ... Aïe ! ;-))

Écrit par : tinou | 04 novembre 2006

Mais Tinou, c'est exactement ce que je fais, quand parle Esteban. J'acquiesce, j'acquiesce, j'acquiesce.

Écrit par : Olivier Bruley | 05 novembre 2006

Y a intérêt, oui!

Écrit par : manutara | 05 novembre 2006

Les commentaires sont fermés.