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01 juin 2005
Le cafard d'Olivier
Comme presque tous les jours, je discute sur MSN avec Olivier . J’apprends que les cafards ont , depuis quelques temps , envahi sa tranquille existence . J’imagine l’effet désastreux que doit avoir sur le moral d’Olivier, d’une propreté frisant l’obsession, ce débarquement de blattes à la carapace luisante et aux pattes griffues. Selon lui , l’origine de cette vague cafardeuse serait à rechercher chez les autres copropriétaires aux mœurs douteuses ! Nuitamment , sournoisement , ils viennent entasser des monceaux d’immondices dans le hall d’entrée ! Il est bizarre d’ailleurs l’immeuble d’Olivier . Si l’on y accède depuis la rue , la façade ,elle , se perd dans la troisième dimension . L’impression de pénétrer dans un sous-marin aux coursives étroites . On gravit des marches , on en descend d’autres , on tourne à droite puis à gauche .Pas de fenêtres. De temps en temps une porte , sans nom , sans numéro et derrière cette porte …le silence ! Je n’ai pas une grande expérience des immeubles , mais cette absence de bruits m’a semblé étrange ! Tous les ans je rends visite à mon frère qui habite dans l’Est de la France. Il vit dans un appartement en plein centre ville . La journée, on entend des bruits de pas , des éclats de voix , des claquements de portes . Le soir ce sont les téléviseurs qui prennent le relais . Ce n’est que vers vingt trois heures qu’un calme précaire s’établit . Je dis précaire , car toutes les nuits, vers une heure du matin , des sons étranges traversent le plafond en provenance de l’appartement du dessus . Il y a des craquements , des grincements , puis le raclement caractéristique d’un objet pesant que l’on traîne sur le parquet en bois , dans un sens , puis dans l’autre. Une nuit , j’ai, en guise de représailles , poussé une lourde commode d’un bout à l’autre de l’appartement , rayant effroyablement le plancher et produisant un son similaire à celui de la corne de brume d’un navire en détresse ! Le va et vient supérieur s’est instantanément arrêté ! Ah oui , j’oublie deux détails : l’appartement du dessus est officiellement vide et mon frère est sourd comme un pot !
Dans l’immeuble d’Olivier , je n’ai jamais rencontré d’autres habitants que lui . Par contre je me suis souvent arrêté devant une porte, la première… Elle s’ouvre directement sur la rue, (j’ai bien dit que cet immeuble était bizarre) sans accès au hall d’entrée , comme si on avait voulu exiler son occupant , l’homme au slip kangourou (HSK) !C’est ainsi qu’Olivier le surnomme, depuis qu’il (HSK) a fait irruption chez lui (Olivier), un soir , dans cette tenue , à la recherche d’un bout de viande à se mettre sous la dent ! J’aurais bien voulu le voir et lier conversation avec lui . Moi qui suis d’un conformisme assommant , j’ai toujours été attiré par les gens hors norme !
Et les cafards dans tout cela ? Justement j’y viens . Selon , Olivier , quand la nuit étend son manteau , étoilé ou non , sur Mont-de-Marsan, des cohortes de cancrelats se glissent en rangs serrés de sous la porte de HSK et viennent coloniser les moindres recoins de cet extravaguant bâtiment , n’ayant pour cela besoin de nulle clé , contrairement au pauvre HSK ! Bientôt, le silence de la nuit marsienne sera déchiré par d’effroyables hurlements au milieu desquels une oreille exercée pourrait distinguer l’inimitable rire de l’homme au slip kangourou !
Demain , une équipe de nettoyeurs doit mettre un terme à ce regrettable état de fait !
Olivier évolue dans un univers impitoyable !
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Doublet de mon journal - jeudi 2 juin 2005
Un homme devait exterminer aujourd’hui tous les cafards dont mon immeuble est infesté depuis quelque temps. Il avait tout à fait l’air d’un cafard lui-même, d’un gros cancrelat flottant le ventre en l’air dans...
Trackback par : Oliviermb | 02 juin 2005
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