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11 mai 2005

Le rêve a du plomb dans l'aile

Cinq ans plus-tard , ce n’est point la mort que je frôlai (quoique…) mais pire encore , la prison , dans un pays qui n’était pas particulièrement réputé pour son respect des droits de l’homme et ce, une fois de plus , par la faute d’un ami qui jouissait de toute ma confiance . Nous avions parcouru la Caraïbe de la Floride au Venezuela pendant quatre années trop vite passées . Après le passage du canal de Panama nous avions mis le cap sur le Costa Rica , mouillant quelques brasses de chaîne à Golfito , une petite ville écrasée par la chaleur et en proie à la fièvre de l’or . A cette époque , le Costa Rica ,en raison d’une législation laxiste en matière d’extradition , s’était transformé en point de chute pour une faune de trafiquants et de criminels de tous poils et Golfito était devenu leur port de la dernière chance . Il fallait voir ces miséreux s’entasser dans les lanchas pour traverser la baie à la recherche d’une concession achetée une bouchée de pain et perdue en pleine jungle ! Quand ils revenaient , s'ils revenaient , c’était plus souvent lestés de plomb que d’or . Quand la chance leur souriait , un sourire édenté , ils ramenaient quelques grammes d’or qu’ils s’empressaient d’aller boire au bar de l’Impérial , un édifice aussi délabré à l’intérieur qu’à l’extérieur et que le propriétaire , un gringo du Mississipi nommé Heidi (si, si !) , gérait d’une main de fer. C’est là que nous passions nos journées R. et moi , dans l’attente d’une autorisation qui tardait à nous parvenir . En effet, notre présence en ces lieux n’avait qu’un but : obtenir des autorités costaricaines la permission de débarquer sur l’île Coco située entre le continent et les Galapagos , officiellement une réserve naturelle , officieusement l’île au trésor . Mais ça , c’est une autre histoire . Les bagarres étaient fréquentes à l’Impérial . En général Heidi réussissait à rétablir le calme . Un soir cependant , je dus enjamber un cadavre ensanglanté pour manger mon hamburguesa con salsa de pimiento . Comme j’hésitais , Heidi me fit signe de derrière son bar qu’il ne quittait sous aucun prétexte (le tiroir caisse) . No problem , come in , they gonna dump him in a few more moments ! Tandis que dans un coin du bar l’assassin buvait tranquillement son petit verre de rhum avec deux policiers tout droit sortis d’une bande dessinée de Tardi , deux peones vinrent effectivement « dumper » le malheureux …dans une brouette .
Bien entendu , nous dormions à bord du S*** mouillé à quelques centaines de mètres de la côte . C’était probablement l’endroit le plus sûr du village . En général je m’éveillai toujours avant R. qui jour après jour sombrait un peu plus dans une espèce de stupeur et d’abrutissement sur lesquels j’avais du mal à mettre un nom. Bien sur , il lui arrivait de lever le coude , mais l’alcool ne pouvait expliquer à lui seul cette espèce d'indifférence mélancolique dans laquelle il se morfondait .
Ce matin là , l’évier de la cambuse refusa de se vider . Il faut savoir que pour des raisons de sécurité la pompe devidange était équipée d’un col de cygne situé au dessus du niveau de la flottaison . En général c’est là que se situait le problème . Pour y accéder , il fallait vider un placard et démonter une partie de la cloison . C’est ce que je fis . Je remarquai immédiatement, coincé derrière le tuyau d’évacuation , un volumineux paquet soigneusement enveloppé dans du papier aluminium . Je songeai , p… de b… de m…keksésa ????


Commentaires

Drogue ?? Passionnantes aventures, en tout cas.

Écrit par : Fleur | 11 mai 2005

Vous écrivez bien, Manutara, je suis pris !

Écrit par : all_zebest | 13 mai 2005

Merci , ça me touche beaucoup!

Écrit par : manutara | 13 mai 2005

Les commentaires sont fermés.