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13 avril 2005

En attendant le bus

Pendant mon séjour européen , pour échapper à l’atmosphère délétère de M. , je décide de passer la journée à Heidelberg en Allemagne . Visite du château détruit par les protestants pendant la guerre de trente ans puis par les troupes de Louis XIV pour une sombre histoire de prince électeur mal élu et enfin par la foudre un siècle plus-tard sans aucun motif particulier . L’originalité de cette battisse est incontestablement d’avoir été reconstruite dans un style chaque fois différent à côté de ruines qu’on se plait à imaginer encore fumantes . Le résultat est surprenant , sans doute unique au monde ! Superposition de styles , d’époques et d’évènements . On peut en avoir une idée en consultant dans mon album « inspiration » la photo intitulée vieilles pierres . Impossible en effet d’insérer une image dans mon texte en utilisant l’icône prévue à cet effet .
Quelques heures plus tard , je me promène en ville et là , à un arrêt de bus , j’aperçois un couple insolite . Ce sont des personnes qu’on pourrait qualifier d’âgées bien que le terme hors d’âge me semble plus approprié non pas qu’elles soient extraordinairement vieilles , mais tout simplement hors du temps . La dame que l’on devine fluette sous une invraisemblable superposition de vêtements tient fermement son homme ( mein Mann en allemand signifie aussi mon mari) par la main comme si elle craignait de le voir lui échapper ou plutôt c’est la vie même de son mari qu’elle semble retenir au creux de ses mains énergiques tant celle-ci ne tient qu’à l’implacable volonté de cette épouse dévouée . Lui , ne semble déjà plus tout à fait être de ce monde . Ses yeux hermétiques à toute lumière paraissent déjà contempler l’au delà . Une béquille vient compléter cette sensation de fragilité d’un corps qui en son temps a du être robuste mais aujourd’hui n’est plus que bouffissures et flaccidités . Une image vient s’imposer à mon esprit : une toile de Breughel où l’on voit une file d’aveugles en rase campagne agrippés les uns aux épaules des autres et guidés par …un aveugle. Je trouvai ce couple magnifique et le pris en photo . Ce matin en chargeant mes clichés sur le disque dur de mon ordinateur je remarque qu’à la gauche de ce couple émouvant , il y a un couple de très jeunes gens d’une insolente beauté et santé . Je ne dirai pas que les deux couples s’ignorent , mais qu’ils ne se voient tout simplement pas . Ils vivent en un même lieu mais à des époques différentes. J’ai nommé cette photo que je ne publierai pas printemps-hiver , cela ressemble à l’intitulé d’une collection de haute couture , mais après tout la vie n’est-elle pas un défilé de saisons ? Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec l’imposante construction qui domine la ville .Vieilles pierres , maisons neuves…

Commentaires

J'aurai aimé voir la photo !
Effectivement , nous ne vivons pas tous à la même saison !
Je ne peux m'empècher de redouter l'hiver !

Écrit par : dilou | 14 avril 2005

Je t'ai fait parvenir le cliché par mail . J'espère que cela ne va pas trop te perturber!

Écrit par : manutara | 14 avril 2005

Quel couple t'a le plus étonné ou tout au moins "interrogé" la jeunesse insolente de beauté ou la vieillesse bringuebalante et fusionnelle ?
Bisou à toi et contente de te lire.

Écrit par : Pénélope | 14 avril 2005

Incontestablement la vieillesse bringuebalante et fusionnelle (que c'est bien dit!) puisque c'est vers elle que nous nous dirigeons tous ou plutôt en son sein que nous sombrons tôt ou tard!

Écrit par : manutara | 14 avril 2005

Le plus tard possible ! la vieillesse m'angoisse et je m'efforce de regarder les jeunes autour de moi qui eux, sont LA VIE. Je ne sais que trop que cette saloperie de dégénérescence s'accroche à nous comme une bernique et ne nous lâchera jamais !....
Bise à toi.

Écrit par : Pénélope | 15 avril 2005

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