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15 février 2005

Embarquement pour...

Autre souvenir jamaïcain marquant : la rencontre avec David et Jane . Un couple charmant , la trentaine . David était psychiatre , karatéka amateur à ses heures . Jane , et bien Jane était la femme de son mari , ce qui , je devais m’en rendre compte par la suite , était un travail à plein temps . Comme les autres membres , ils faisaient leur apparition au yacht club en fin de journée et ne repartaient que fort tard dans la nuit , quand les coups de feu commençaient à s’espacer dans le lointain . Nous prîmes l’habitude de dîner en leur compagnie . Là , nous parlions exclusivement voile , traversées , destinations lointaines . En effet ces anglo-jamaïcains possédaient un magnifique 8 mètres JI . Les connaisseurs apprécieront . Bateau en bois construit dans les années cinquante , long d’une quinzaine mètres , à la proue effilée comme un scalpel , petit cousin du 12 mètres JI rendu célèbre par l’America’s cup devenue entre-temps le défit Suisse . Un après-midi ils arrivèrent en avance . Je les vis se diriger vers leur bateau , le « Tacita », relégué dans un coin de la marina . J’avais toujours rêvé de tirer quelques bords sur un vieux JI , véritable cathédrale de voile uniquement conçue pour naviguer dans les eaux abritées . Or la baie de Kingston longue d’une dizaine de milles et large de cinq se prêtait parfaitement à ses évolutions . Je passai en sifflotant sur le ponton pendant que madame préparait le « Tacita » sous la direction de son mari . Jane et David étaient coutumiers des manifestations amoureuses bruyantes . Au club house , sans cesse on les croisait enlacés dans des positions « kamazutresques » à des stades divers d’excitation verbale . Aux repas ils se nourrissaient mutuellement en gloussant de plaisir . Jamais frites ne furent englouties avec une telle lubricité . Entre chaque bouchée , ils s’embrassaient goulûment en émettant des bruits de succion répugnants . Je m’attendais à tout moment à voir l’un régurgiter une nourriture vieille de plusieurs jours dans le gosier de l’autre !
Ce jour là encore , le mari attentionné guidait la main hésitante de sa moitié pour l’aider à enfiler les coulisseaux de la grand voile dans le rail du mat et de la bôme en l’abreuvant de sweety , honey , darling . Je me signalai à leur attention avant que d’être le témoin involontaire d’un coite impromptu . Ma présence fut accueillie par un duo d’exclamations enthousiastes et incontinent je fus invité à partager les joies de leur petite croisière . Ils y convièrent tout l’équipage de « l’île de feu » . Bill accepta avec enthousiasme tandis que Stan refusait avec une moue de dédain : je les sens pas ces deux là ! Sagesse toute asiatique ! Tandis que nous nous déhalions à la seule force de la grand voile dans le souffle faiblissant de l’alizé , quelques membres du club suivaient nos évolutions , un petit sourire au coin des lèvres , sourire dont je ne sus évaluer à temps toute l’ironie !

Commentaires

Et alors ?
Moi non plus, je ne les sens pas ces deux là...

Écrit par : dilou | 16 février 2005

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