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31 décembre 2004

Bah!

Une nouvelle année de passée . Jean et Norbert sont allés se coucher. Tant mieux ! Je n’en puis plus de leurs jérémiades ! Des gamins d’à peine cinquante ans et toujours à se plaindre : seuls , personne au monde , sans espoir , sans projets . J’avais envie de les foutre à poil et de les fouetter . Rudement excitant comme idée ! Et moi , je n’existe pas peut-être ? Qui les soutient à bout de bras ces inutiles ? C’est moi qui devrais me lamenter .Ce soir chacune de mes soixante-dix années hurle dans ma tête ! Tout ça pour ça ! Mon dernier rêve à la dérive !
Avoir un an , juste un an de moins ! L’an dernier à même époque je vivais encore , j’échafaudais , je me projetais , je fantasmais , je bataillais ! Peu avant Noël nous étions partis tous les trois en Hollande en réponse à une annonce parue dans une revue nautique : un sloop de quarante pieds à vendre d’occasion et pas n’importe quel voilier , un Maas ! J’en rêvais depuis longtemps ! Je pris Jean et Norbert avec moi , d’abord parce que je n’aime plus conduire et que l’idée de dépendre d’une compagnie ferroviaire ou aérienne aux habitudes d’adolescente velléitaire en matière de ponctualité , m’est odieuse ! Jean s’il est un amant déplorable et une compagnie désolante est un bon conducteur . Ah ,que dire de lui si ce n’est que tout a été dit à son sujet ! Oh , pas par moi , mais par tous ces conseillés , psychologues , formateurs , assistants , entre les mains desquels il est passé avant d’être jeté à la rue ! Toute cette diarrhée verbale , ces hochements de tête compréhensifs , ces je vous ai compris , ça va s’arranger , ne perdez pas courage , le vent va tourner , et bien toute cette mélasse dégoulinante de bons sentiments , autant de béquilles pourries qui le faisaient tomber chaque jour un peu plus bas .
Jean était pourtant quelques années plus tôt ce qu’on appelle un cadre dynamique . Et puis une restructuration et on s’est passé des services de monsieur Jean l’indispensable ! Une fois que l’allocation chômage et les indemnisations eurent été consommées , on vendit la maison , puis madame et les enfants prirent la poudre d’escampette ! Pensez ! Plus de vacances dans ces charmantes stations concentrationnaires et polluées , plus de gadgets inutilement coûteux et abrutissants pour les mioches ! Adieu monsieur Jean . Madame est encore jeune , elle peut refaire sa vie ! Depuis ce jour , Jean ne s’aime plus ! Alors tout ce que je pourrais dire …
Je l’ai rencontré un jour d’hiver à Tonnerre en train faire la manche devant mon restaurant favori . Depuis , il ne me quitte plus . L’ombre de mon ombre !Enfin , il se défend avec un volant entre les mains !

Commentaires

J'ai relu tes 3 derniers posts : que c'est bien écrit !

Mais tu me donnes l'angoisse de vieillir, car tout ce que tu écris je le ressens déjà, surtout quand je vais chez mes vieux parents ! ( 80 et +), la vieillesse fait peur, ça nous renvoie trop à ce qui nous attend et qui se rapproche de nous à grands pas ! Notre vie est comme un sablier qui ne s'arrête jamais, chaque instant suit l'autre sans répit !....
Il y a bien autre chose dans tes posts que ce message, mais moi je retiens particulièrement celui ci car je n'ai "plus 20 ans" et que je sens de plus en plus le poids des années !
La sagesse et la plénitude que l'on aimerait tant obtenir en viellissant sont constamment torturés par ce sentiment étrange "d'urgence" à vouloir tout faire, comme ci nous étions pressés par le temps, l'illusion de notre vie est d'exister par notre corps, et notre corps nous trahit !...
Mais chaque étape de la vie n'apporte t-elle pas quelquechose de beau ? On va dire OUI, mais j'ai bien du mal à m'en convaincre ! nous nous devons quand même de BIEN utiliser notre vie pendant le temps qu'il nous reste ! Alors je te quitterai sur une note optimiste : attachons nous à reconnaître le caractère si précieux de chaque journée !
Bise à toi.

Écrit par : Pénélope | 01 janvier 2005

C'est affreux: nous vieillissons tous et quand nous arrêtons de prendre de l'âge c'est que nous sommes morts!
Deux choses rassurantes:
-Tu ne seras jamais aussi jeune qu'aujourd'hui. Inutile donc de se dire , mon Dieu que je suis vieille ou vieux: demain sera pire !
-Même l'homme le plus puissant et le plus riche au monde ne pourrait inverser la machine du temps ne serait-ce que d'une fraction de seconde!
Sur ces paroles rassurantes , je vais me faire Sepuku!
.....où donc ai-je fourré ce satané couteau?

Écrit par : manutara | 02 janvier 2005

Du bas de ma jeunesse insolente, deux trois petites gouttes de bons voeux...

Écrit par : Zhoul | 02 janvier 2005

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