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24 novembre 2004

Là-bas

Au moment où les ténèbres vont remplacer le jour , en cet instant précis où le soleil lance vers le ciel ses derniers rayons dans une vaine tentative de défier la nuit , quand les couleurs glissent de l’autre côté de la lumière , alors que l’astre dans un ultime sursaut agonise , vie contre mort , l’homme se demanda ce qu’il pouvait bien encore y avoir , la-bas , vers le couchant , « sol occidens » devenu sous d’autres latitudes « sol oriens » .Le vent lui souffla doucement :
- Il y a le lac , la cordillère puis l’océan où d’autres montagnes , liquides cette fois, te pousseront vers d’autres terres où plus jamais tu ne connaîtras le froid , la faim , la solitude et la peur. Viens avec moi , je t’emmènerai….
L’homme sourit . Il n’était ni jeune ni vieux , ni beau ni laid , c’était un homme , tout simplement . Le vent était son ami , il le connaissait bien . Un enjôleur , passé maître dans l’art du double sens . On l’attendait au Nord , il venait du Sud ! On l’espérait à l’Est , il virait à l’Ouest ! Dans sa jeunesse , oui , il l’avait écouté et ensemble ils avaient franchi les terres , passé les cols , traversé les océans , parcouru les déserts et visité les villes . Puis un jour , le vent était tombé et l’avait laissé là , exactement à l’endroit d’où il était parti vingt ans plus tôt.
La nuit avait affermi son emprise sur toute chose et l’homme eut froid et…. peur aussi. Personne ne l’espérait plus nulle-part .Au dessus de lui , les étoiles …., il allait dire s’allumaient , mais non c’était la terre qui s’éteignait ! . Il alluma donc une cigarette à défaut d’autre chose et essaya de se réchauffer en la tenant au creux des mains. Il ne se revit pas enfant et ne se souvint d’aucun moment particulier de sa vie . Il regarda juste sa cigarette se consumer. Il murmura , des mensonges tout ça , il n’y a rien… ! Quand la braise atteignit le filtre , d’une chiquenaude il propulsa le mégot vers le lac. Tandis que le bout incandescent décrivait dans l'air une arabesque lumineuse , le coup de feu retentit . La cigarette acheva sa course dans l’eau où elle s’éteignit en grésillant .

Commentaires

J'aime bien m'évader du quotidien (parfois tristounet !) avec tes posts, droles comme hier et poètiques comme aujourd'hui . "le vent et l'homme" j'aime beaucoup !
Profite bien de cette pèriode de ta vie !

Et ta jolie rousse que devient-elle ?

Écrit par : Pénélope | 24 novembre 2004

comment ça, personne ne l'espérait plus nulle-part ?
Et nous alors ? Nous attendons la suite du fugitif encombré ou non d'une jolie rousse !

Écrit par : dilou | 24 novembre 2004

Ravi pour cette complicité dans cette tentative d'évasion du quotidien auquel nous sommes condamnés à perpétuité! Hélas , on se fait toujours reprendre au bout de quelques heures!

Écrit par : manutara | 24 novembre 2004

S'évader souvent devient indispensable.

Cherchons refuge dans les mots.

Gianfranco ramoser

http://gianfranco-ramoser.hautetfort.com/

Écrit par : gianfranco ramoser | 24 novembre 2004

Si je puis me permettre continue ton "album" ces photos sont sublimes, la chute est magnifique et la pile de valises c'est surréaliste !

Dilou et moi sommes "les-maux-des-4-soeurs-" rien à voir avec ton voyage de rêve ! nous, nous essayons de panser nos plaies !
Lire tes textes nous y aide...

Écrit par : Pénélope | 24 novembre 2004

Pour information , cette pile de valises qui intrigue pas mal de monde se trouve dans le hall de l'aéroport Arturo Merino Benites de Santiago de Chile .

Écrit par : manutara | 24 novembre 2004

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