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30 septembre 2004

Pour un ravioli de trop

J’avais , l’autre jour, essayé de faire un inventaire sommaire de toutes les peurs dont notre société est confite . Il y en avait une qui m’avait échappé . Je viens de regarder un reportage  sur RFO et j’ai bien fait ! Oh oui , sans quoi , moi qui suis un grand amateur de cuisine chinoise, j’aurais continué à me gaver de manière totalement inconsciente de redoutables , de sournois , d’immondes raviolis chinois .Enfin je parle des contrefaçons . Pour les montres , il y a les vraies fabriquées en extrême orient et assemblées en Europe et les fausses fabriquées en Europe et assemblées en …enfin non , je crois que c’est l’inverse …..je ne sais plus trop , mais au niveau des prix , pas de souci , les vraies son beaucoup plus chères que les fausses , c’est même l’unique manière de les distinguer ! Pour les raviolis c’est la même chose mais ça fonctionne dans l’autre sens . Il y a les vrais raviolis fabriqués en Chine et les faux assemblés en France. C’est simple à reconnaître , les vrais sont dans un emballage où tout est marqué en mandarin et où l’on ne comprend rien et les faux dans un sac poubelle bleu traité aux insecticides et là on comprend tout de suite qu’il il y a quelque chose de pourri au royaume du ravioli .Mais suivons les vaillants défenseurs de l’ordre républicain sur le terrain . Il y a là une demi-douzaine de policiers en planque devant un immeuble ,dans un sous-marin . Brusquement , c’est l’effervescence .

-         Regardez , c’est lui , il doit avoir la marchandise dans son sac .

Un petit homme d’origine asiatique , pas une brute patibulaire mais un bon père de famille , se perd dans les rues, un sac bien rempli sur le dos . Il s’arrête dans plusieurs supermarchés et chaque fois , c’est un sac bleu qui change de mains . . La filature continue et finalement , c’est le retour au petit appartement . Les policiers interviennent et c’est tout le réseau qui tombe. Le père , la mère, les enfants , la belle-mère qui essaye de sauver en douce quelques crevettes, les cousins , les cousines.  D’autres fonctionnaires d’autres services se joignent aux premiers . Une petite dame au bord de la syncope exhibe des bassines de raviolis contrefaits sur lesquels  elle verse du white spirit, vous comprenez sinon , ils sont capables de les vendre  ! Et ça s’extasie devant la crasse des lieux , ça mesure la graisse sur le plancher , compte les cafards , renifle et plisse le nez . Georges vient voir , il y a des crevettes dans la baignoire , allez , encore un petit coup de white spirit . En catimini ,mais en gros plan, un des reporters s’empare de quelques raviolis à fin d’analyse.

Entre-temps on met la main sur un vétéran , rescapé du front des raviolis, un septuagénaire alerte . Passage en revue et en détail des symptômes de l’empoisonnement , couleur des urines,  odeur des selles . Compatissante et complaisante la journaliste lui montre les photos prises dans l’antre des raviotrafiquants .

-         Oh mais c’est pas Dieu possible des choses pareilles en France et à notre époque .Y a même un seau hygiénique sur l’évier ! Germaine , vient voir , allez dépêche-toi , non mais qu’est-ce qu’elle fou cette conne ! Ah enfin ! Regarde la merde que j’ai bouffée , pas étonnant si j’ai eu la chiasse , même qu’à la fin c’était plus que…

La journaliste essaie d’endiguer le flot de propos scatologiques en demandant son opinion à Germaine. La petite dame minaude , prend une photo , la repose , émet un couinement dégoutté .

-         Oh , ben , ça alors !

 Georges s’envoie un petit coup de gnôle.

A la fin du reportage , on informe le téléspectateur devenu raviolophobe que les analyses n’ont relevé aucun niveau alarmant de contamination bactérienne dans les raviolis trouvés sur le lieu du crime . Fermez le ban , une nouvelle peur injustifiée est née !

 

 

Commentaires

Forcement, je ne pouvais que reagir devant cette nouvelle incontestable preuve de barbarie civilisatrice.



Laisser les petites bacteries en paix et les chinois seront bien gardes.

Et prenez conscience de votre chance d'etre gouluement asperges de raviolis de toute obedience.

Écrit par : Zhoul, revoltee | 02 octobre 2004

mais il se trouve que je m'interroge, avec une toute petite pointe d'inquiétude par en dessous.



Ô, moi d'octobre, terrible, morne et rouge mois d'octobre, invites-tu au recueillement, à la modération, à la quiétude ou aux pannes de courant ? Que nous vaut ce silence depuis, ouhlà bientôt 6 jours ?



Il s'est passé quelque chose, nécessairement. Un typhon ayant échappé aux radars. Une crise mystique inhibitrice. Une prise de conscience fulgurante de la futilité et de l'inutilité du blog.

Peu m'importe, j'aime à pouvoir parcourir quelques lignes nouvelles lors de mes devenus trop rares passages par ici. Je vous serais gré de vous justifier un tantinet sur ce mutisme actuel.



Enfin, si possible.



Juste un mot, ce serait sympa, quoi...

Écrit par : Zhoul, impératrice quidditative | 05 octobre 2004

Salut Zhoul. Non rien de spécial. Je n'avais juste rien à dire. Merci de t'inquiéter1

Écrit par : Manutara | 06 octobre 2004

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