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11 septembre 2004

Hommage à Jacques Brel

Je sens que je vais encore me mêler de ce qui ne me regarde pas , mais la lecture d’un journal  vient de me rappeler à mon devoir d’ingérence . L’auteur , brillant évidemment , s’en prend au chanteur Jacques Brel avec une acrimonie qui ne peut rester sans réponse . Comme l’incriminé est dans l’incapacité de se défendre , empêché par une mort prématurée qui nous a tous laissés orphelins , je vais , avec mes pauvres moyens ,  m’efforcer de mener à bien , ce panégyrique . Qu’on ne se trompe pas , il ne s’agit pas de discuter les goûts de ce blogueur , après tout on peut très bien ne pas aimer les chansons de Brel . Il y a du texte , des idées , des tripes , de l’intelligence et de la générosité . Ce sont des valeurs dont le cours est en forte baisse en ces temps de techno triomphante .Mais il ne s’agit point de cela , mais bien d’une attaque vicieuse et injustifiée . Qualifier l’homme de pitoyable pleurnichant me semble inexcusable et injustifié . Quand je dis que Jacques Brel nous a laissé orphelins , ce n’est pas une clause de style mais  bien un sentiment que je partage avec les membres de la petite communauté dans laquelle il a passé les dernières années de sa vie ,  loin de la scène , des journalistes , de tous ces avantages qu’une célébrité justifiée lui assuraient et qu’il vomissait . C’est sur son voilier , l’Askoy  d’une quinzaine de mètres , que la maladie le surprend lors d’une escale aux Canaries . Quelques semaines plus-tard et un poumon en moins , il reprend la mer et traverse l’Atlantique . Pas mal pour un pitoyable chialant . J’ai refait le même parcours que lui des années plus-tard et je puis vous assurer que même à vingt ans avec ses deux poumons ce n’est pas tous les jours facile . Tout au long de mon périple , j’ai rencontré des gens qui l’ont connu . Personne ne me parla du chanteur mais de l’homme , de sa gentillesse , de sa simplicité , de son humour et de son amour pour la vie . Puis ce fut le Pacifique et l’ultime escale ,  Hiva-Oa . Personne ne le connaissait dans cette île . Cela lui plut.  Il apprit à piloter et devint un merveilleux fou volant avec son bimoteur Jojo. Il transporta gracieusement gens et marchandises , sauvant même des vies en évacuant des malades sur Papeete distante de 1500 kilomètres , lui à qui il restait si peu de temps à vivre . Il installa une salle de projection à Atuona et , bien évidemment sans aucun esprit de lucre initia les habitants aux joies du cinéma . Là non plus la population ne se soucia nullement du Brel chanteur dont elle ne savait rien . C’est l’Homme qu’on aima . Jacques était un popoa et les popaa les marquisiens , ils apprécient pas trop . Aujourd’hui ,  quand je parle de lui à des personnes qui l’ont côtoyé , leurs yeux s’illuminent et dans leur belle langue harmonieuse ils me disent pendant des heures sa disponibilité,  sa simplicité ,  ses fêtes sur la plage , les grosses parties de rigolade ,  son imitation de monsieur l’administrateur et surtout , surtout  son énorme courage face à une maladie qui l’étouffait tous les jours un peu plus loin de tout centre de soins . C’est là , dans cette petite maison en planches grossières que monsieur Jacques passa les dernières années de sa vie et qu’il fut , je le crois , très heureux . Evidemment , et je le regrette , je ne l’ai pas connu , je suis arrivé bien des années plus-tard . Mais au hasard de ses visites , j’ai eu la chance de rencontrer sa compagne qui régulièrement vient se recueillir sur sa tombe . A travers elle c’est un peu de la lumière irradiée par Brel qui m’a touché . Et puis avant de partir,  il nous a fait à tous ce merveilleux cadeau : sa chanson sur les Marquises . Si vous l’avez , réécoutez-la , faites ça pour lui et dites-moi si c’est là l’œuvre d’un pitoyable chialant ! Ecoutez le souffle court de ses poumons martyrisés et dites-moi…

Commentaires

Je me suis permis de faire un lien vers votre texte en hommage à Jacques Brel sur notre "blog" (il faudrait un jour penser à trouver un autre nom à ce type de plateforme car ce n'est pas très agréable ni à écrire ni à dire : blog, on dirait un truc gluant, qui salit les doigts...).



Vous aurez évidemment compris que je suis de très mauvaise foi pour attaquer ainsi Jacques Brel mais je n'arrive pas à être touché par son émotion, je la trouve surjouée. J'ai même plutôt une certaine aversion pour la chanson française (je ne sais pas vraiment pourquoi d'ailleurs !). Vous parlez de "techno triomphante", mais dans le domaine de la musique électronique (que je connais beaucoup mieux que celui de la chanson française et que je préfère au terme de "techno"1il y a aussi de l'émotion, même si elle sort de machines : il y a des hommes derrière. Je vous conseille notamment Boards of Canada (sur le label anglais WARP).



Et pour terminer et être tout à fait honnête, je savais pertinemment qu'en éreintant un chanteur français sacré (au coeur des français) je m'exposais à des retours (largement bien moins écrits que votre texte d'ailleurs, et je vous en remercie).



Je vous salue, et en profite pour saluer également Olivier Brûley si celui-ci passe vous lire.



A bientôt.

Écrit par : Dj Zukry | 12 septembre 2004

Je tiens à m'excuser quant à l'émôticon qui figure sur mon message précédent mais j'ai dû faire une erreur de frappe (ou je ne sais quoi) mais c'est tout à fait insupportable, et en même temps j'ai l'impression d'avoir 15 ans (ce qui n'est pas désagréable).



Bien à vous.

Écrit par : Dj Zukry | 12 septembre 2004

J'ai toujours aimé Brel, mais j'ai aussi aimé la reprise de Ne me quitte pas par Youri Buenaventura. Toute tristesse ne se pleurniche pas, mais ça fait bien du pleurer, à l'occasion. Je ne crois pas qu'on soit toujours au-dessus de tout ça, enfin je ne crois pas que cela soit souhaitable, comme si on n'était jamais infiniment seul. On peut avoir de l'aversion pour les chansons belge et française où l'apitoiement sur soi-même peut être gonflant, mais l'automatisme de la fausse joie et les masques, c'est un peu menteur pour rien...

Écrit par : meusesurmeuse | 12 septembre 2004

Vous êtes un personnage déconcertant Dj Zukry! Tant de hargne dans votre article et tant d'humanité dans votre commentaire !

Encore une fois je ne déplore pas votre manque d'enthousiasme pour les chansons de Brel , mais les termes méprisants que vous utilisez pour le qualifier . Il ne les mérite vraiment pas! C'était vraiment un très grand bonhomme!J'espère , le moment venu , pouvoir affronter la mort avec autant de courage que lui!

Ceci dit , vous vous comportez en "gentleman" !

Écrit par : Manutara | 12 septembre 2004

"(...)je ne déplore pas votre manque d'enthousiasme pour les chansons de Brel , mais les termes méprisants que vous utilisez pour le qualifier (...)".



Mon texte emprunte le genre du pamphlet (du moins dans sa 1ère partie). Bien évidemment, il ne s'agit pas pour moi d'être juste ou mesuré, ou d'être raisonnable - mais vous l'avez compris. C'est dans le pamphlet qu'explose la mauvaise foi, l'excès en tout, la radicalité des propos... il y a quelque chose d'expiatoire dans le pamphlet. L'auteur y apaise sa colère. L'exercice du pamphlet n'est pas chose aisée, cela laisse peu de place à la légèreté, mais il y a des pamphlets extrêmement drôles (parcequ'injustes et inexcusables)...



"(...)vous vous comportez en "gentleman" !". Quand j'étais petit (et surtout, lors de mon adolescence), j'avais plus souvent l'habitude d'être traité de "p'tit con". J'ai beaucoup d'affection pour les p'tits cons (nous mettrons d'ailleurs bientôt en ligne notre Manifeste du p'tit con).



Je veux bien être un p'tit con gentleman : ça a de la classe !



Bonne continuation à vous. Je laisse la place à ceux qui voudraient dire du mal de Léo Ferré. Bon dimanche !

Écrit par : Dj Zukry | 12 septembre 2004

bon je n'irai pas jusqu'a dire qu'on est cerné par de la soupe aujourd'hui, mais il faut bien reconnaitre que question texte on est devenu aussi doué que les américains !

svp, écoutez "au suivant" !!! et pour ceux qui sont résoluement allergique aux sons d'antan, sachez que M (ou devrais-je dire Monsieur M) l'a reprise, on peut l'entendre dans son double live.

je ne crois pas en la génération spontanée meme pas dans l'art. la musique provien de divers influences, les plus grand dj s'inclinent devant les artistes d'hier par ce que c'est précisément eux qui ont ouvert la voie (la voix?)

... euh pitié, pas de mix de brel !!!

bye, loublou!

Écrit par : loublou | 12 septembre 2004

Il n'y a que le chant qui triomphe, la musique instrumentale est perdante depuis des années, réduite comme outil, comme des "tapis" marchandés à des voix off qui cherchent de l'appui comfortable à leur propos souvent superficiels. La "techno triomphante" ? Mon cul, oui ! Mr Brel avait du talent certes mais ce n'est pas la "techno" qui a pris sa place ! A moins que vous ayez trouvé en la Star Acacademy ou en Obispo de merveilleux héritiers. Ne vous trompez pas d'argument, ce Zukry porte les initiales DJ car il s'appelle Denis-Jules Zukry. Et en matière de chanson française, puisqu'il ne l'aime pas alors qu'il brûle ses disques de Katherine s'il a des couilles !

Un mix de Brel noyé dans des sons souffreteux ne serait pas un mauvais mix de Brel. Mais si vous préférez les reprises de Youri Buanaventura et M alors c'est que même ceux qui aiment Brel peuvent faire preuve de blasphème à son égard. Et que penser de sa femme qui a autorisé la réédition de titres de Brel que lui, voulait non publiables. Brel s'est retourné 3 fois dans sa tombe et s'est remis droit au texte de Zukry, parcequ'il n'aimait pas les moutons.

Chaleureusement.



PS : message perso à Denis-Jules Zukry : puisque tu n'aime pas la chanson française, alors j'annule notre projet pour n'en sortir que les instrus. Bien à toi 1 ah ! encore un émoticon 1 oh?)

Écrit par : Jack Branle 2004 | 13 septembre 2004

trop de stress face a mon message qui,dans sa premiere partie, se voulai ironic... sauf pour M, lui c'est un artiste que je respecte reellement.

si tu veux parler de techno, je veux bien mais précise, c'est un terme que je n'aime pas bcp parce qu'on y met de tout: de la music d'ascensseur a de la house en passant par moby et les dernier mix de dalida (en voila une autre que j'aime bcp)...

allez zen, pas de colère, il parait que la music adouci les moeurs...

salam, loublou !

Écrit par : loublou | 13 septembre 2004

Non pas de colère, certes le ton fut un peu fort mais je baisse le volume. Je t'aime...

(je suppose que tu me diras que tu n'en attendais pas tant)

Ce qui me gêne dans le cliché, c'est que ceux qui le qualifient ainsi oublient la racine du nom. C'est très clair, la house est funky et soul (http://deephousepage.com)," target="_blank" title="Ouverture dans une nouvelle fenêtre">" target="_blank">http://deephousepage.com), la techno un peu plus dure et digne du son de Detroit. (http://www.undergroundresistance.com)Ensuite" target="_blank" title="Ouverture dans une nouvelle fenêtre">" target="_blank">http://www.undergroundresistance.com)Ensuite il n'y a que la méconnaissance qui porte à croire qu'il faille préciser de quelle techno il s'agit. (c'est comme si je mettais Brel et Obispo dans le même cercueil)

Il faut appeler les choses par leur nom. Toute interprétation n'étant que le reflet de l'idée qu'on se fait des choses. Dalida, j'adore autant que Jacques Brel, ensuite la techno n'est pas comparable, c'est tout ce que je voulais rappeler. Ne soyons pas dupe, voyons.

Le terme "Chaleureusement" ne marque aucune violence, je suis resté zen, mais quand on aime Brel, on ne peut accepter aucune déformation mercantile de l'interprétation phonétique de Youri au style franchement "nian-nian" de M. (M qui reste un excellent guitariste mais qui a trop de faciliter à sortir un disque. Le but de la musique n'est pas de sortir un disque. Brel ne voulait pas sortir un disque, il écrivait et crachait à la gueule ses interprétations inégalables. L'égo du chanteur qui s'écoute chanter, voudrait que la simplicité pour lui de sortir un disque, lui donne la prétention de reprendre du Brel à sa façon. Excusez mon paroxysme, mais Brel c'est Brel, on touche pas. Ca déjà été fait et si on veut se taper un Brel, on écoute ses interprétations, on ne fait pas du Brel à la M ou à la Youri Buenavantura. On ne remixe pas techno non plus. On fait de la musique électronique, mais on ne fait pas de cover de Brel. Le cover, ou la reprise, c'est la prétention du chanteur qui croit qu'il suffit de chanter du quelque chose à quelqu'un pour en rendre l'essence. ) Un sample d'une intro de Brel lui rendrait plus hommage encore qu'une mauvaise reprise chantée au rabais. Mais cela ne reste que mon tout petit avis devant l'immensité de la morale.

Respectueusement.

Écrit par : Jack Branle 2004 | 13 septembre 2004

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Écrit par : Jack Branle 2004 | 13 septembre 2004

On peut aimer Brel sans n'aimer que lui. On peut aimer les textes qu'il a chantés, qui ne sont plus qu'à lui, contrairement à sa voix. On peut douter qu'une seule personne suffise pour chanter tout ce qu'a un texte dans les tripes. On doit se rappeler qu'il y a de l'infini là-dedans, et qu'un "chanteur" s'appelle aussi un "interprète",et que Brel n'avait pas pour vocation de chanter des dogmes.

Sinon, "mercantile" est un critère un peu trop vague, voire inexistant: entre vendre un disque à quelques uns et vendre un disque au plus grand nombre, on veut toujours le vendre.

Écrit par : meusesurmeuse | 13 septembre 2004

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