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10 août 2004

La vie reprend son cours...

….A une cinquantaine de mètres , une énorme crevasse de plusieurs mètres de largeur et de deux bons mètres de profondeur coupait la piste en deux . Le commandant appuya à fond sur le palonnier de droite .

-         A droite à fond, fils ! Aides-moi !

Ils pesèrent de tout leur poids sur le palonnier  .L’avion décrivit un demi cercle vers la droite dans un hurlement de pneus déchiquetés et de ferrailles torturées . Ils ne purent empêcher le train gauche de tomber dans la crevasse , tandis que l’aile se brisait au contact du sol . La secousse fut violente , mais le choc frontal avait été évité ! Le Fokker glissa encore quelques mètres dans cette inconfortable position avant de s’arrêter sur le bord de la piste . Un profond silence remplaça le vacarme de ces dernières heures .Puis après d'interminables secondes, un crépitement d’applaudissements venu de la cabine les rassura sur le sort des passagers . Par son hublot Teiki put voir l’issue de secours arrière droite s’ouvrir et Leiana sauter à terre . Elle aida les passagers à débarquer . La première à sortir fut la dame en rouge . Elle bondit agilement sur le sol et retroussant sa robe , détala comme un lièvre en levant  très haut ses genoux pointus . Papi et Teiki éclatèrent de rire . Elle fut suivie par une femme d’une quarantaine d’années . Hébétée , elle restait près de l’appareil et il fallut que son compagnon , un homme plus âgé  ,  la prenne par le bras pour qu’elle se décide enfin à s’éloigner . Puis ce fut le tour du vieux monsieur à la jambe dans le plâtre , porté par deux jeunes gens .Il serrait convulsivement une boite tout contre lui . Suivait un petit homme rond , blanc comme un cierge . Il fit quelques pas hésitants et il se serait effondré si le jeune maori sorti après lui  ne l’avait saisi par l’épaule . Fermait la marche un géant longiligne en chemise à fleurs , qui , avant de se laisser tomber à terre, déploya vers l’extérieur son interminable corps et se mit à agiter frénétiquement les deux bras pour saluer une foule imaginaire . Après être descendu , il contourna le Fokker d’un pas digne,  se planta devant le cockpit et fit un salut militaire impeccable . Teiki  sourit et lui rendit son salut . Puis il déboucla sa ceinture et entraîné par l’inclinaison du plancher tomba dans les bras du pilote .Il l’embrassa sur le front .

-         Tu l’as fait papi !…. Je ne le crois pas !…..Je t’aime !

-         Moi aussi fils , mais ne restons pas ici ! Ca sent le kérosène !

Il mirent tous les interrupteurs en position off et quittèrent l’appareil par la porte arrière .

 Les passagers , obéissant  aux consignes de Leiana , s’étaient regroupés à l’écart de l’avion . Quand ils aperçurent les pilotes qui marchaient dans leur direction , ils leur firent une véritable ovation . Une déflagration déchira le silence du crépuscule. Instinctivement , ils se couchèrent tous à terre . Un deuxième explosion secoua les restes de l’avion d’où surgirent de hautes flammes et une fumée noire . Une pluie de débris enflammés s’abattit autour d’eux . D’Aspreville , releva la tête et contempla ce qui restait de son avion . Il eut un pincement au cœur en voyant les tôles calcinées se tordre dans le ronflement des flammes .Il se tourna vers son copilote couché à côté de lui .

-         Je crois que je viens d’effectuer mon dernier vol !

-         Tu plaisantes papi . Tu as encore un tas d’heures à faire !

Le vieil homme retira sa montre ,une magnifique Rollex , le seul objet de valeur qu’il possédât,   prit la main de son équipier abasourdi et l’y déposa en lui faisant un clin d’œil. Puis sa tête retomba sur le sol et ses yeux se voilèrent . Les rougeoiements de l’incendie et du soleil couchant se mêlèrent pour saluer le départ de ce seigneur vers un endroit que seul les morts connaissent . Teiki , incrédule,  le secoua , l’embrassa , passa sa main dans la crinière blanchie agitée par le vent . Mais rien n’y fit , le vieux lion s’en était allé . Il le prit dans les bras et essaya de le remettre sur pied . Il sentit alors que sa main se couvrait d’un liquide tiède et poisseux . Il le reposa doucement sur le sol et à la lueur de l’incendie , vit que c’était du sang . Il arracha la chemise de son ami et distingua dans son dos le petit trou rond par lequel la vie s’était échappée .

Lorsqu’ils entendirent un cri déchirant venir de l’endroit où se trouvaient les pilotes , Jean et Sebastian se levèrent et se précipitèrent vers eux . Le jeune copilote était accroupi aux

cotés de son aîné et pleurait doucement. Sebastian voulut vérifier si le vieil homme respirait encore mais Teiki le repoussa gentiment en secouant la tête .

-         Un bout de métal dans le dos ….Je n’ai rien vu !

-         On peut faire quelque chose ?

-         Non . Je voudrais rester seul un moment avec lui …. Lui dire au revoir.

Ils se retirèrent en songeant à l’injustice du destin .En apprenant le sort du malheureux pilote , Maria-Ignacia s’effondra en larmes , trouvant en cela un exutoire à la tension accumulée au fil des heures. Jeb alla vomir derrière un buisson .Hasenfratz prononça un discours en anglais où il était question d’héroïsme et de médailles. Fabio consola Leiana . Et la dame en rouge…..Au fait où était-elle , celle-là ? Personne ne se souvenait de l’avoir vue depuis sa fuite éperdue . La nuit était tombée et seules les flammes qui continuaient à s’échapper de l’avion leur fournissait un peu de lumière .Une voix rauque se fit entendre dans l’obscurité .

-         Quelle sensiblerie ! Typiquement occidental ! Je suis étonné de voir que les jeunes maoris s’y laissent prendre eux-aussi ! Ce matin personne ne connaissait ce vieil homme et il aurait pu mourir dans la misère sans que personne ne songeât à s’en indigner ! Maintenant tout le monde le pleure !Que savez vous de lui ?

Un visage de tragédie grecque émergea de l’obscurité . La vision du chignon en forme de montgolfière les rassura . Jean mit les choses au point .

-         Si ce soir vous pouvez encore gambader , c’est grâce à ce vieil homme ! Aucun d’entre nous ne le connaissait il y a quelques heures et pourtant il a fait irruption dans nos vies en les sauvant .

-         Vous confondez tout . Bien sur je suis content qu’il ait bien fait son travail , mais de là à éprouver autre chose qu’une vague contrariété à l’idée de son décès….. .Et puis , c’est bien joli de nous avoir fait atterrir dans cette île déserte . Qu’allons nous devenir à présent !

Hasenfratz se faisait traduire le dialogue par Fabio , de manière simultanée . Il se campa devant la montgolfière.

-         Si vous n’étiez pas une femme je vous flanquerais mon poing dans la figure ! Traduis-lui , Fabio !

-         Inutile , jeune homme , je parle la langue de ce valet de l’impérialisme occidental ! En plus je ne suis pas une femme !

D’un geste théâtral , la montgolfière arracha son chignon laissant apparaître une calvitie précoce auréolée de cheveux grisonnants . Stan se prit la tête à deux mains .

-         Gaspar ! Oh non !

Hasenfratz qui ne s’étonnait plus de voir un homme déguisé en femme , prit son élan et envoya son poing vers le visage de la maquerelle impériale  . Mais , le haut fonctionnaire n’était pas un spécialiste du close-combat . Avec une rapidité que ne laissait pas supposer sa masse , Caligula para le coup , saisit le bras de son adversaire et le tordit . Hasenfratz émit un glapissement très peu digne pour un homme de sa classe . Fabio envoya un coup de poing dans les reins de Caligula ce qui lui fit lâcher prise. Le jeune homme se mit alors à sautiller autour du travesti en distribuant des coups dans l’air . Gaspar se redressa en tentant de reprendre son souffle .

-         Arrêtes tes singeries , pédale collaboratrice ! Je n’ai pas envie de me battre . Nous avons des problèmes plus urgents à régler ! D’abord je vous informe que  nous venons d’être victime d’un odieux attentat ourdi contre ma personne.

Fabio arrêta sa gigue et regarda le leader de l’opposition d’un air dubitatif…

 

Extrait de « L’innommable »

Commentaires

Mais je comprends rien, c'est des extraits de livres de toi tout ça? Ou bien?

Écrit par : oliviermb | 11 août 2004

Oui, c'est ça . Encore ma paresse!Surtout que grâce aux statistiques j'ai vraiment acquis la certitude que quasiment personne ne vient sur ce site si ce n'est par erreur pour vérifier par exemple que Gandhi a bien absorbé son verre de fortifiant matinal!

Écrit par : Tai Heke | 11 août 2004

Allons, ne regarde pas tes statistiques, voilà tout!

En as-tu de publiés?

Écrit par : oliviermb | 11 août 2004

J'aime bien qu'on me lise moi! Le problème c'est que j'ai remarqué que pour que cela soit le cas , il faut poster des billets très courts. Succès assuré. Du point de vue du rédacteur je n'en vois pas l'intérêt!

Écrit par : Tai Heke | 11 août 2004

Je peux te preter quelques lecteurs, si tu veux chouchouter ton orgueil.



( ah non, merde, j'oubliais, ya que des robots a venir me voir...)

Écrit par : Zhoul +c'est long + c'est bon | 13 août 2004

Chère Zhoul tu es un ange! Des robots...intéressant!

Non , il faut rester digne dans la déroute! Pas de compromis . Je coulerai avec mon navire! Où ai-je donc fourré ce couteau?

Écrit par : Tai Heke | 14 août 2004

Les commentaires sont fermés.